Réduire les risques reliés à la consommation de cannabis

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Maxime Brouillard, spécialiste, Promotion de la santé

Voilà maintenant trois semaines que le cannabis à usage récréatif est légal au Canada. Un changement sociétal majeur qui fait encore beaucoup jaser !

Parce que « légal » ne signifie pas « bon pour la santé », je vous brosserai ici un rapide tour d’horizon de certaines stratégies bien documentées qui permettent de réduire les risques liés à la consommation de cette drogue. Tout comme avec l’alcool, l’objectif est de réduire les méfaits de cette substance sur votre santé.

THC et CBD

On a abondamment parlé du tétrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol (CBD), les deux principaux ingrédients du cannabis. Le THC est en grande partie responsable des effets pychoactifs. Sa concentration varie beaucoup d’un produit de cannabis à un autre. La standardisation de la concentration de THC est d’ailleurs l’une des raisons évoquées par le gouvernement du Canada pour légaliser le cannabis.

Si l’on veut réduire les risques de développer une dépendance ou d’autres graves troubles de santé mentale, il est recommandé de consommer des produits de cannabis dont la concentration en THC est plus faible.

Modes de consommation

Fumer du cannabis (dans un joint) est le mode de consommation le plus commun et le plus nocif parce qu’il touche directement à l’appareil respiratoire. Retenez que les pratiques d’inhalation profonde peuvent entraîner encore davantage de problèmes pulmonaires.

La vaporisation (à l’aide d’une cigarette électronique) est un autre mode. On ignore toutefois si c’est sécuritaire ou non puisque les appareils de vapotage ne sont pas réglementés sur le plan de la santé et de la sécurité.

Finalement, en ce qui concerne l’ingestion de produits alimentaires contenant du cannabis (boissons, pâtisseries), le délai est plus long avant de ressentir l’effet escompté. Il faut donc être prudent et attendre avant de se servir une autre portion. On doit aussi s’assurer que ces aliments ne sont pas laissés sans surveillance.

Gérez vos risques

Le cerveau n’étant pas complètement formé avant l’âge de 25 ans, les jeunes consommateurs sont particulièrement vulnérables aux effets nocifs du cannabis et, idéalement, ils devraient retarder le plus longtemps possible le moment de leur première consommation.

Notons que le risque de devenir dépendant au cannabis est plus grand si on a commencé à en consommer à l’adolescence. Aussi, si vous avez des antécédents familiaux ou personnels de psychose ou de troubles liés à l’utilisation de substances, il vaudrait mieux vous abstenir de consommer du cannabis. Même chose si vous êtes enceinte.

La modération a bien meilleur goût !

Pour réduire les risques sur votre santé physique et mentale, on recommande de limiter la fréquence de consommation. Vous pourriez décider, par exemple, de vous en tenir à un usage occasionnel.
Rappelez-vous également que chaque fois qu’il est consommé, le cannabis peut nuire à vos capacités cognitives : temps de réaction, coordination, apprentissage, prise de décision. Il est donc impératif de ne pas conduire ou faire fonctionner des machines lorsqu’on a les facultés affaiblies par la drogue. D’ailleurs, ses effets peuvent durer plusieurs heures, selon la quantité et la façon dont il a été consommé.

Enfin, mieux vaut éviter la consommation conjointe de cannabis et d’alcool.

Sources :
- Initiative canadienne de recherche en abus de substances (cihr-irsc.gc.ca)
- Centre de toxicomanie et de santé mentale (camh.ca)

En français : https://www.camh.ca/-/media/files/pdfs---reports-and-books---research/canadas-lower-risk-guidelines-cannabis-fr.pdf

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