Augmenter notre résilience en devenant de meilleures personnes

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Padré (capitaine) Raphaël Liboneye, Service de l’Aumônerie, Groupe de soutien de la 2e Division du Canada

Nous ne pouvons rien comprendre ou appréhender de ce qui nous est extérieur s’il n’y a aucune connexion possible avec ce qui se trouve en nous. Il en est de même pour la résilience qui est dans nos modes de fonctionnements quotidiens. Dans cet article, je désire attirer l’attention sur le fait que notre résilience grandit grâce aux bonnes décisions que nous prenons dans notre vie de tous les jours.

Les quatre dimensions de la résilience

C’est en puisant la force qui se trouve au cœur de ce qu’il y a de meilleur en nous que nous pourrons exercer notre résilience, qui se base sur quatre dimensions.

La dimension physique :
être prêt pour un soldat est une qualité qui dépend énormément de l’énergie qu’il y consacre. L’exercice physique est souvent le premier des moyens utilisés par un soldat pour se préparer à un déploiement.

Lorsque le soldat est en montée en puissance, tout l’entraînement est organisé par la chaîne de commandement. La part du soldat, qui n’est pas la moindre, consiste alors à veiller aux autres dimensions de son être qui auront une influence directe sur sa préparation.

Être militaire ne nous transforme pas en monstres, au contraire. Utiliser des outils militaires est une responsabilité qui requiert toute notre humanité et seule notre résilience nous permet d’agir de la sorte. Afin de la renforcer, il est essentiel de se laisser guider par l’éthique militaire comme voie incontournable et de puiser le meilleur au fond de nous-mêmes. C’est là qu’interviennent les trois autres dimensions.

La dimension sociale :
la famille et les amis du soldat jouent un rôle prépondérant dans sa performance. Chaque fois qu’il parle à ces personnes, elles lui transmettent beaucoup d’énergie, ce qui l’aide à garder son moral assez haut et ce, malgré l’éloignement et la situation du déploiement.

La dimension émotionnelle :
avant son déploiement, le soldat est appelé non pas à refouler ses émotions, mais à les exprimer autant que faire se peut. Rencontrer alors un spécialiste ne constitue pas un mal, mais plutôt un devoir. Il est d’ailleurs primordial de savoir que celui ou celle qui demande de l’aide n’est jamais un perdant : c’est un combattant. Quoi de mieux alors que de rencontrer un padre, un psychologue et une travailleuse sociale pour parler de soi ? Parler de ses émotions, de ses appréhensions, de ses peurs afin de préserver l’espoir et le courage. L’humilité est toujours la porte qui mène à l’intérieur de soi.

La dimension spirituelle :
elle se caractérise par notre appartenance religieuse ou notre souci personnel à nourrir notre esprit. En tant qu’humain, nous portons en nous des questions existentielles : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pourquoi la mort ? Pourquoi la vie ? Pourquoi, dans un accident, l’un meurt et l’autre survit ? Qui choisit celui qui va mourir et celui qui survivra ?

Faire de la méditation en se recueillant, par la prière ou le yoga, nous aide à saisir ces questions. Sans obtenir des réponses directes, la spiritualité nous aide à donner du sens à ce qui n’en avait pas. Nous touchons alors les racines de la résilience qui nous habite et nous ouvrons la voie à son épanouissement. C’est ainsi que le soldat comprendra le sens du sacrifice qui peut lui être demandé. Il se déploiera plein de confiance et de joie à l’idée de rendre service aux siens et à son pays.
Devenons de meilleures personnes

Le capitaine de corvette Greitens, de la Force spéciale des États-Unis, dit dans son livre Résilience : « Si tu es méchant chaque jour, tu vas devenir méchant. Si tu es gentil chaque jour, tu vas nécessairement devenir gentil. Il est plus facile de devenir compatissant à la dixième fois qu’à la première. Malheureusement, il est aussi plus facile de devenir méchant à la dixième fois qu’à la première. » Autrement dit, nous devenons ce que notre habitude nous dicte de faire inconsciemment, qu’elle soit bonne ou mauvaise ! À nous de choisir qui nous voulons être.

Il a été prouvé que plus nous nous préoccupons d’améliorer nos comportements, d’être une personne capable de plus d’empathie, plus notre résilience s’en trouve augmentée. La résilience n’est pas quantifiable. Elle se mesure seulement à notre capacité de nous relever suite à une situation traumatisante. Le renforcement de la résilience va de pair avec notre souci d’être une meilleure personne. Plus nous prenons des moyens pour y arriver, plus la résilience s’installe en nous.

La résilience n’est plus un mythe. C’est une réalité cachée dans notre effort quotidien d’être une meilleure personne, un meilleur soldat, et ce, dans toute notre humanité ! Équilibrons les quatre dimensions et le miracle en nous se réalisera.

 

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