Comblée, tant professionnellement que personnellement

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Avec son mari, Géder Távora Said, et son fils, Jorge, à Montréal, en février dernier.

Yves Bélanger, Servir

Le major Lislaine Link œuvre au sein des Forces aériennes brésiliennes depuis maintenant 20 ans. De janvier à mai dernier, elle était étudiante au Programme d’instruction et de coopération militaires du Détachement Saint-Jean de l’École de langues des Forces canadiennes. À l’occasion de Juin, mois des loisirs, elle a bien voulu raconter comment elle vit la conciliation travail/famille et la place qu’occupent les loisirs dans son quotidien.

Mère d’un fils de deux ans, la militaire dit généralement bien gérer la conciliation travail/famille. Elle explique que son conjoint, un colonel de l’armée de terre du Brésil, est très collaborateur et qu’il a toujours partagé les tâches quotidiennes avec elle. « Certains diront qu’il m’aide. Moi, je leur réponds que non, nous partageons équitablement les choses que nous devons faire à la maison. Ce n’est pas pareil », lance-t-elle en riant.

À l’occasion, la carrière militaire oblige le major Link et son époux à partir à l’extérieur quelque temps, mais cela se passe habituellement très bien. C’est d’ailleurs lui qui a géré tout seul la maison et la famille entre janvier et mai, pendant que le major Link est venue apprendre le français à la Garnison Saint-Jean.

Le major Link explique que lorsque cette opportunité s’est présentée, elle a trouvé très difficile l’idée de quitter sa famille pour quatre mois. « Mais en même temps, c’était une occasion que je ne pouvais pas manquer pour mon travail et mon mari en était conscient. »

Heureusement, la technologie lui a permis de parler régulièrement à son mari et son fils via Facetime. « Ça m’a permis de le voir grandir. On se donnait des becs par l’intermédiaire de la caméra. »

À la fin du mois de février, son mari et son fils sont venus lui rendre visite. Elle avoue que cela lui a fait beaucoup de bien. « Nous avons pu passer du temps en famille et ils ont pu découvrir ce qu’était l’hiver. »

20 ans de service militaire

C’est en 1998, alors qu’elle a 18 ans, que Lislaine Link décide de s’enrôler dans les Forces armées de son pays. Elle souhaitait le faire l’année précédente, mais ses parents n’étaient pas d’accord avec ce choix. « J’ai donc fait un an d’études universitaires en droit. Mais, l’année suivante, j’ai décidé de revenir à mes intérêts, soit de faire une carrière militaire. »

Fille et sœur de militaire, la jeune femme a eu de la difficulté à faire accepter sa décision par sa mère. « C’est un peu normal, je suis sa seule fille et elle était inquiète. Elle a toutefois compris que mon désir était réel et très fort et, depuis, elle m’a toujours encouragée dans le développement de ma carrière. »

Des femmes militaires depuis 1982

C’est en 1982 que les Forces armées brésiliennes ont accepté leur première femme au sein des troupes. Aujourd’hui, les femmes représentent environ 10 % du personnel militaire de ce pays d’Amérique du Sud.

Le major Link avoue que bien que les choses évoluent, il y a encore des hommes qui acceptent mal d’être dirigés par des femmes. « Les femmes dans les postes de commandement se doivent d’être plus strictes pour se faire respecter. Il reste du chemin à faire de ce côté. »

Sa rencontre avec des militaires canadiennes a été très positive. « Je suis heureuse de constater que tout comme chez moi, les femmes prennent de plus en plus leur place dans le milieu militaire. »

Une passionnée de course

Mener de front carrière et vie de famille ne laisse pas toujours beaucoup de temps libre. Bien qu’elle adore son travail, elle aime également consacrer quelques heures par semaine aux activités de loisirs, seule ou en famille. Elle aime aussi faire du sport pour garder la forme. 

Le major Lislaine Link aime particulièrement la course et l’haltérophilie.  De 1998 à 2009, la course d’orientation a été sa spécialité et elle a participé à plusieurs compétitions nationales et internationales. En 2003 et 2005, elle a d’ailleurs obtenu la première place au National du Brésil de course d’orientation.  « En 2009, j’ai été la première Brésilienne à participer à une compétition mondiale du Conseil international du sport militaire (CISM) dans cette discipline. »

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