Les origines du Fonds du Souvenir : l’avant-guerre

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À Pointe-Claire, le Champ d’honneur national du Fonds du Souvenir offre des sépultures aux vétérans n’ayant pas les moyens de payer leurs propres funérailles ou à n’importe quel vétéran souhaitant être inhumé à côté de ses compagnons d’armes.

Capitaine (ret Jean-Claude Lefebvre Communications, Champ d’honneur national

La naissance du Fonds du Souvenir en 1909 a vite fait vibrer des cordes sensibles auprès du grand public, de militaires et de membres de clergés parce qu’il répondait, grâce à un réseau d’aide civile indépendant du fonds lui-même, à différents besoins. Pensons aux anciens combattants qui avaient besoin d’une sépulture ou aux survivants qui vivaient dans des conditions difficiles et pour qui une aide sociale était nécessaire.

Par contre, compter sur des bénévoles ne pouvait pas perdurer. Il a donc fallu structurer le Fonds du Souvenir afin qu’il trouve sa place dans le milieu de la bienfaisance. C’est ainsi qu’Arthur Hair, qui voyait sa vie de famille bousculée par sa bienveillance, a accepté un travail administratif permanent au Fonds du Souvenir. Cela lui permit de poursuivre son œuvre grâce aux coudées franches accordées par son employeur et de devenir une figure inspirante.

Cette dualité a bien servi M. Hair lorsqu’il intercédait auprès des instances gouvernementales, financières, militaires, religieuses et sociales. Son profil, ses liens avec les hauts placés de ces instances ainsi que son sens de la persuasion (qui pouvait aller jusqu’au tordage de bras délicat !), lui ont permis de forcer la main d’élus et d’autres dignitaires afin d’obtenir le soutien nécessaire pour ceux qui avaient porté l’uniforme ou qui le feraient éventuellement.

Entre la fondation du Fonds du Souvenir et l’avant-guerre, Arthur Hair a joué un rôle primordial de courroie de transmission. Il a sollicité de l’aide financière et agit comme agent d’information avec tout un chacun, comme en témoigne une abondante correspondance contenant des demandes de renseignements de familles éplorées et des remerciements pour services rendus. Il s’est également impliqué auprès d’organismes comme la filiale montréalaise du Canadian Patriotic Fund, une oeuvre soeur du tournant du siècle qu’il a contribué à fonder. M. Hair s’est servi de ses aptitudes pour faire délier les cordons de bourses privées et commerciales et pour établir des liens avec diverses instances gouvernementales, souvent lentes à emboîter le pas faute de budget, mais quand même au diapason de leurs obligations.

Jusqu’à l’orée de la guerre, tout ce travail a fortuitement mis la table pour assurer l’avenir du Fonds du Souvenir. Un réseau d’aide de plus en plus tentaculaire et effectif s’est mis en place. Des labours et des semences.

M. Hair a oeuvré avec l’archevêque John Almond, un cofondateur du Fonds, à la formation d’aumôniers de tous horizons, que l’archevêque a accompagnés plus tard à la guerre. En tandem, et avec moult décideurs, les deux hommes avaient bien rodé la livraison de services religieux, militaires et sociaux. De plus, le grand public et les donateurs, grâce aux avis de décès publiés dans les quotidiens, étaient en mesure de voir le travail réalisé par le Fonds du Souvenir et réaliser que ce fonds méritait des appuis financiers.

Personne ne pouvait anticiper l’imminence de la guerre ni son envergure, mais l’accumulation de nuages sombres en Europe n’était pas de bon augure et l’atmosphère de poudrière ne pouvait être ignorée.

À la déclaration de la guerre en 1914, le Fonds du Souvenir avait des assises, des partenaires, des entrées gouvernementales et les reins suffisamment forts pour lui permettre de s’organiser et d’encaisser les conséquences de ce conflit. En cinq ans, un tsunami d’anciens combattants, de retour au bercail en plus ou moins bonne santé, parfois destinés à une vie malheureusement raccourcie, força la croissance du Fonds du Souvenir. Le vrai travail venait de commencer.

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