Retour sur le jour du Souvenir

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Le colonel honoraire David Lloyd Hart, colonel honoraire du 34e Régiment des transmissions.

Yves Bélanger - Journal Servir

Il a 100 ans, mais une mémoire infaillible. Le colonel honoraire David Lloyd Hart, colonel honoraire du 34e Régiment des transmissions (34 Régt trans), qui a récemment célébré ses 80 ans de services au sein des Forces armées canadiennes (FAC), nous raconte son parcours militaire.

Il avait tout juste 20 ans quand il a décidé de s’enrôler dans la Réserve en 1937, deux ans avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale pendant laquelle il a été déployé en Angleterre et en France. Il raconte avec émotions le raid de Dieppe auquel il a participé. « On se faisait tirer dessus. Les tirs provenaient de partout et des milliers d’hommes autour de moi se faisaient tuer. Nous étions immobilisés près de la plage et j’ai vraiment cru que j’allais mourir ou être fait prisonnier. » Celui-ci, qui à l’époque était sergent, rappelle que parmi les 6 100 militaires alliés, près de 5 000 d’entre eux étaient Canadiens. Le nombre de victimes canadiennes a été de 3 367.

Le souvenir de cette journée est resté gravé à jamais dans la mémoire du centenaire. Il explique que la réalité n’a rien eu à voir avec ce à quoi les alliés s’attendaient. « Nous avions beau être bien entraînés, nous n’avions pas eu les bonnes informations. Nous nous attendions à affronter un groupe de 1 000 soldats allemands. Ils étaient plutôt 6 000 à nous attendre. »

Le Col (h) Hart, qui travaillait aux communications, explique qu’il a passé la plus grande partie de cette bataille à communiquer avec la première ligne dans le but tenir informé le quartier général qui transmettait par la suite les ordres de déplacement, de renforcement et de retraite aux troupes. « Les communications étaient essentielles à la survie de ces derniers. »

Il raconte qu’à un moment donné, il a cessé toutes communications avec le quartier général, le temps de trouver une fréquence permettant de joindre les membres du Cameron Highlanders d’Ottawa et ceux du South Saskatchewan Regiment. « Ils étaient aux prises avec l’ennemi et ne pouvaient être rejoints par les hauts dirigeants. J’ai réussi à les rejoindre et leur transmettre les ordres de retraite. »

Sa participation à cette opération historique lui a entre autres permis de rencontrer un jour le roi George VI. « J’ai été invité au palais de Buckingham où sa Majesté m’a remis la Médaille de bravoure », lance-t-il fièrement.

80 ans de vie militaire

Une fois la Deuxième Guerre mondiale terminée, le Col (h) Hart est resté au sein de la Réserve. Dans sa vie civile, il a fait des études en comptabilité. Il a obtenu en 1965 le grade de lieutenant-colonel, quelque temps avant sa retraite. De 1976 à 2013, il a été lieutenant-colonel honoraire du 34e Régiment des transmissions (34 Régt trans) pour être ensuite nommé colonel honoraire.

Le mardi 3 octobre, des membres du régiment ont souligné en grandes pompes ses 80 ans de vie militaire au manège militaire Sainte-Catherine de Westmount. Le jubilaire était l'officier réviseur de la parade. Il a inspecté les troupes et pris la parole pour rappeler aux réservistes l'importance de leur engagement. Le commandant, le lieutenant-colonel Jean-François Denis, et le sergent-major régimentaire, l'adjudant-maître Gaétan Caron, lui ont remis en cadeau le livre d'histoire du Corps royal canadien des transmissions.

Le Col (h) Hart est aujourd’hui le plus ancien officier en service actif des Forces armées canadiennes.

 

 

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