La sécurité du personnel de la garnison a été assurée

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Le caporal-chef Gabriel Fortin du 5e Régiment de la police militaire, en compagnie d’un policier de la Ville de Saint-Jean, immobilise le tireur. (Photo : Cpl M. Poirier-Joyal - Imagerie Saint-Jean)

Yves Bélanger - Journal Servir

Jeudi, 26 octobre, 13 h 39, le premier appel de détresse est placé à la Centrale d’appel d’urgence (CAU) de la Garnison Saint-Jean annonçant la présence d’un tireur actif. Immédiatement, l’équipe de sécurité a mis en place les procédures lançant l’exercice BASTION VEROUILLÉ qui a duré 29 minutes.

C’est à même les locaux de la CAU que le journal Servir a pu suivre les opérations liées à cet exercice annuel. Il était impressionnant de voir à l’œuvre l’équipe en place qui, tout au long de l’événement, est demeurée d’un calme remarquable. Les téléphones sonnaient régulièrement pour signaler la présence du tireur dans les différents secteurs.

Après s’être introduit dans le secteur bleu de la Méga, le tireur, interprété par le sergent Réal Pelletier de la section du coordonnateur de la Garnison Saint-Jean, s’est déplacé vers le secteur orange. Peu de temps après, un autre appel annonçait qu’il était rendu dans le secteur vert, au gymnase. Les policiers militaires et civils déployés pour l’occasion n’arrivant toujours pas à localiser et stopper le tireur, ce dernier est sorti à l’extérieur. D’autres appels ont alors confirmé qu’il était maintenant rendu dans l’édifice B129 et peu de temps après, au H103. Impossible de lui mettre la main dessus !

De là, le tireur a réussi à se rendre entre les hangars 102 et 103. C’est à ce moment qu’une première description est donnée : il s’agit d’un homme portant un masque, une casquette et des lunettes de soleil. Quelques minutes plus tard, un appel indique que le fautif se tient près d’une Toyota Corolla brun-beige. C’est à cet endroit qu’il sera neutralisé à 14 h 08.

Une note de 99 %

Au lendemain de la tenue de l’exercice, le capitaine Jacques Dubé, officier des opérations de la Garnison Saint-Jean, est heureux d’annoncer que les militaires et employés civils de la Méga et des bâtiments visités par le tireur ont obtenu une note presque parfaite en ce qui concerne le respect des mesures de sécurité. « Si l’événement avait été réel, une seule personne serait décédée[t1] dans la Méga sur un total de 1 500 victimes potentielles. Nous ne pouvions espérer mieux. Nous savons maintenant que tous sont prêts à réagir en cas d’une attaque de ce genre. »

À l’extérieur toutefois, un peloton de candidats de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes qui se déplaçait au moment de l’exercice s’est fait surprendre par le tireur dans le stationnement D. « C’est évident que ces derniers auraient dû se disperser au lieu de rester en rangs. Notre tireur leur a rapidement fait comprendre leur erreur. »

Malgré tout, pour le Capt Dubé, [t2]les employés civils et militaires sont maintenant prêts à passer à une nouvelle étape, celle de vivre un exercice dont la date et l’heure seront gardées secrètes. « Le prochain exercice BASTION VERROUILLÉ ne sera pas annoncé à l’avance. Nous pourrons ainsi tester la réaction du personnel dans un contexte différent », explique-t-il. Notons toutefois que lors du déclenchement, un message indiquant qu’il s’agit d’un exercice sera diffusé dans les haut-paleurs de la garnison. Une fenêtre surgissante (pop-up) apparaîtra également sur chaque ordinateur pour aviser son usager qu’il s’agit d’un exercice.

Plus d’appels

Pour le Capt Jacques Dubé, il est clair qu’idéalement, le tireur devrait être neutralisé en moins de 20 minutes. Pour y arriver, l’aide du personnel de la Garnison est primordial. « Nous avons besoin que les gens, une fois qu’ils ont assuré leur sécurité, puissent téléphoner au 911 pour indiquer la présence du tireur dans leur secteur de travail si c’est le cas. C’est la seule façon de diriger la police rapidement vers la menace. »

Pour l’officier des opérations de la Garnison Saint-Jean, il est clair que le nombre d’appels informatifs placés à la CAU était insuffisant. « Si nous avions reçu plus d’appels, les policiers auraient réussi à maîtriser le tireur beaucoup plus rapidement. »

Notons que quatre policiers du 5e Régiment de la police militaire et douze policiers de la Ville de Saint-Jean ont été mobilisés pour la tenue de cet exercice. Des hauts gradés des deux instances étaient également présents dans les locaux de la CAU pour analyser la situation.

 

 

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